La gestion des matériaux

DESCRIPTION

On trouve de tout dans le lit et sur les berges : de précieux sablons et graviers mais aussi des déchets en tout genre. Par souci d’économie et dans une logique de développement durable, le Symbhi a prévu de valoriser tout ce qui peut l’être.  

Les déblais végétaux

Les travaux de déboisement comprennent plusieurs phases. Avant l’abattage des arbres, le chantier débute toujours par un débroussaillage puis l'élagage des branches. Les produits obtenus sont laissés à la disposition de l’entreprise qui détient le marché forestier. Broyés et mélangés à de la terre forestière, ils sont ensuite commercialisés sous forme de compost. Les troncs, souches et arbres morts sont eux évacués jusqu’à la plate-forme de stockage de Caloribois à Tencin. Comme le prévoit la convention signée par le Symbhi et la Compagnie de Chauffage de l’Agglomération Grenobloise, au terme d’une période de séchage ce bois sera transformé en plaquettes industrielles pour le chauffage urbain.

Des graves en stock

Selon leur nature et les endroits où ils sont prélevés, les matériaux retirés sur les zones d’emprises de chantiers connaissent des destins différents. Les graves propres et les graviers secondaires récupérés sur les bancs avaient été déposés sur le site de stockage Paquet amont (à La Taillat). Ils ont été utilisés lors du confortement des digues. Le site avait, au préalable, fait l’objet d’un décapage de la terre végétale. Réservée en bordure du chemin de digue, elle a été redéployée avant le reboisement réalisé au terme de la première tranche de travaux.

Il y a limons et limons...

La destination des limons (ou sablons) varie en fonction de la présence ou pas d’espèces végétales invasives (essentiellement la renouée du japon et le buddleia) avant les travaux. Les « bons » limons ont été stockés à proximité de l’étang des Iles (Montbonnot-Saint-Martin) où ils ont servi lors de sa valorisation environnementale. A l’opposé, les limons contaminés par des rhizomes invasifs ont été stockés près de l’étang de Bois-Claret (Bernin). A une profondeur où leur capacité végétative sera nulle, ils ont servi à créer des hauts-fonds.

 

ZOOM TECHNIQUE

Comment évolue l’Isère avec les apports de matériaux ?

L’’évolution du lit de l’Isère au cours des deux derniers siècles résulte d’un processus d’exhaussement naturel dû au fait que, l’Isère et ses affluents étant des cours d’eau alpins, ils charrient une quantité importante de matériaux solides. Les prélèvements que l’homme a pu faire par le passé pour corriger ce phénomène ont parfois contribué à aggraver la situation.

Etat des lieux

De Pontcharra à la restitution du Cheylas, la pente du lit de la rivière est forte mais le régime est perturbé par la dérivation Arc-Isère qui limite le charriage et réduit la mobilité des matériaux. On observe un alluvionnement par les sables limoneux et donc un exhaussement des bancs présents le long des berges et des îlots formés au milieu du lit. Pour protéger les zones urbanisées de Pontcharra, un recalibrage du lit est ici nécessaire.

De la Restitution du Cheylas au pont de Tencin, l’apport de la dérivation Arc-Isère permet une meilleure mobilité des matériaux malgré une pente plus faible de 1/1000. Ici, l’alluvionnement est peu perceptible mais on observe une légère érosion du fond du lit, principalement en aval du seuil de Goncelin. La situation étant morphologiquement stable, la pente et les fonds actuels seront préservés à l’état actuel car ils sont suffisants pour écouler le débit de projet.

Du pont de Tencin au pont de Brignoud, l’évolution des fonds est faible mais, sous l’effet du remous d’aval autour du pont de Brignoud, la pente de l’écoulement diminue en cas de forts débits. On note donc une tendance à l’alluvionnement des bancs et à l’élévation des îles par les sables limoneux.

Du pont de Brignoud au pont de la Bâtie, la diminution de pente est forte. Dans cette zone de transition, la ligne d’eau reste élevée, voire localement plus élevée qu’en amont, et ce même pour des débits normaux. Le dépôt des graviers y est important, tandis que le dépôt des sables limoneux est relativement faible.

Du Pont de la Bâtie à Grenoble, entre 1990 et 2000, l’alluvionnement entre le pont de Brignoud et le pont de la Rocade sud s’est traduit par un dépôt annuel de 30 000 m³/an de matériaux constitués majoritairement de graviers et de 30 000 m³/an de matériaux sablo-limoneux. Cela équivaut à une perte de section moyenne de 40 m² dans le lit de la rivière en 10 ans.

 

LA GESTION DES MATERIAUX ET DES ESPECES INVASIVES EN VIDEO

 

 

 

 

 

CHIFFRES CLES

 

La crue du 2 mai 2015

DESCRIPTION

L'épisode pluvieux marqué du 1er mai 2015 a provoqué la plus forte montée des eaux de l'Isère de ces dernières années, en pleine phase de chantier. Bilan.               

Les premières informations sur un événement hydrologique notable ont été diffusées par le SPC (Service de Prévision des Crues) Alpes du nord dès le jeudi 30 avril. En parallèle, Météo-France annonçait une alerte orange pluie-inondation pour le lendemain. Des échanges ont eu lieu avec le Symbhi puis avec les entreprises travaillant dans le cadre du projet Isère amont afin qu’elles prennent leurs dispositions jeudi en fin d’après-midi. Aucun secteur ne paraissait vulnérable mais des terrassements étaient encore en cours, notamment pour la création de déversoirs et d’ouvrages d’alimentation en rive gauche de l’Isère.

Le pic de crue. L'épisode pluvieux marqué qui s’est déroulé vendredi 1er mai a provoqué une crue généralisée de l'Isère avec un pic de crue qui, observé à Pontcharra avant minuit, a atteint Grenoble samedi peu avant midi. Les bulletins du SPC ont fait état que le débit noté le 2 mai (966 m3/s à Grenoble-Bastille) est observé en moyenne une fois tous les 10 ans mais qu’il était supérieur à ceux des crues de 2001, 2008 et 2010. Suite à cette crue générée par de fortes précipitations, un second épisode pluvieux est survenu durant la nuit de samedi à dimanche et fait craindre une montée des eaux plus importante. Mais ces précipitations ont concerné le bassin de l’Arly et la vigilance orange « inondations » a pu être levée dimanche en matinée. La décrue est ensuite devenue effective de façon ralentie car les débits sont restés soutenus du fait de la fonte de la neige.

La surveillance. Dès samedi matin, une équipe du Symbhi et du maître d’œuvre Egis s’est rendue sur le secteur en travaux en rive gauche afin de faire un point sur la situation. Dans la courbe de Charlet, cela s’est concrétisé par la mise en œuvre de matériaux supplémentaires. Ailleurs, d’autres désordres ont été constatés : des chemins et voiries partiellement inondées en bordure de rivière avec des signes d’affaissement très localement, des traces locales d’érosion sur d’anciennes digues et, dans la rivière, de nombreux embâcles stockés sur les berges ou au niveau des ponts.

 

La crue du 2 mai 2015 dans la traversée de Grenoble (secteur Bastille) Crédits image : Egis
La crue du 2 mai 2015 dans la traversée de Grenoble (secteur Bastille) / Crédits image : Egis

 

Le bilan.

Dès le 19 mai, la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) a reconnu que les ouvrages hydrauliques se sont comportés de façon satisfaisante pour les débits constatés, excepté au niveau de la station de Cheminade. De fait, l’ouvrage était achevé à cette date et des essais avaient permis de vérifier le bon fonctionnement des 4 pompes. Néanmoins, il est apparu que le capteur chargé de détecter l’augmentation du niveau de l’Isère a fait défaut lors de son premier test en conditions réelles.

Conséquence : les vannes de la station et de l’Essarton ne se sont pas refermées, ce qui a provoqué l’inondation par reflux de l’Isère de quelques parcelles situées en contrebas d’un déversoir de sécurité en cours d’aménagement sur la digue rive gauche de Cheminade. Il est à noter que, sans la station de pompage, le canal de Cheminade aurait débordé de manière généralisée. Sur place, la fermeture des vannes a alors été effectuée de façon manuelle. D’autres essais ont été finalisés depuis cette crue. Tous les aménagements hydrauliques étant achevés, le système de protection est désormais entièrement opérationnel en rive gauche.

 

La crue du 2 mai 2015 à Gières (secteur Charlet) Crédits image : Egis
La crue du 2 mai 2015 à Gières (secteur Charlet) / Crédits image : Egis

 

ZOOM

Le dispositif alerte-crue

Entretien avec Michel Pinhas, directeur de l‘AD Isère Drac Romanche, l’établissement public gestionnaire des digues dont le budget est financé pour moitié par le Département.

"Quelles dispositions avez-vous prises lors de la crue du 2 mai 2015 ?

Nous avons appliqué à la lettre les consignes de surveillance en crue validées par les services préfectoraux. Dès l’annonce d’un épisode pluvieux important faite par le SPC jeudi 30 avril, le planning des équipes a été établi afin de nous tenir prêts durant ce week-end de 3 jours. En parallèle, nous avons demandé aux entreprises chargées d’effectuer des travaux d’urgence pour notre compte de mobiliser leurs moyens et leur personnel à compter du vendredi midi. Le lendemain, nous avons suivi l’évolution de la situation hydrométéorologique. Hormis un pic de crue observé sur la Romanche qui s’est rapidement résorbé, les débits étaient encore inférieurs à 600 m3/s sur Isère amont. Ce n’est que dans la nuit de vendredi à samedi que, passant le seuil des 700 m3/s, les débits ont continué à progresser vers la décennale annoncée par le SPC. Nos trois binômes se sont alors retrouvés samedi dès 8 h sur une organisation de type alerte de niveau 2, deux équipes se partageant la surveillance sur Isère amont durant la journée et la troisième surveillant les digues sur Isère aval.

En quoi consiste votre mission de surveillance en situation d’alerte-crue ?

Nous devons détecter les secteurs sensibles, porter un regard expert sur la façon dont se comportent les ouvrages hydrauliques pendant la crue. Nous devons également tenir informés en temps réel de nombreux acteurs de la sécurité civile. Ainsi, ce samedi 2 mai 2015, nous avons appelé, rencontré ou été sollicités par les services préfectoraux, les pompiers, la Gendarmerie nationale, plusieurs communes mais aussi le Symbhi pour le secteur en aval du Pont de la Bâtie. Nos observations et notre avis sont essentiels : ils conditionnent d’autres décisions, comme celles prises le 2 mai pour limiter l’accès à la plaine de Gières-Murianette et certaines parties de digues, pour effectuer une rehausse locale de la digue dans la courbe de Charlet, pour évacuer le camp des gens du voyage et mettre en place puis retirer des batardeaux au droit de la chantourne de Meylan. Le dimanche 2 mai, la surveillance a continué puis des visites « post-crue » ont été organisées lundi 3 mai afin de préciser les désordres que les ouvrages hydrauliques avaient pu subir par endroits. Toutes nos observations font l’objet de rapports remis ensuite aux services de contrôle."

 

CHIFFRES CLÉS

 

 

Les habitations protégées

LOCALISATION

 

Localisation des habitations protégées / Crédits image : Symbhi – Joël Valentin

 

CONTEXTE ET ENJEUX

L’objectif est de protéger toutes les habitations situées dans les champs d’inondation contrôlée pour une crue de période de retour 100 ans.

Pour la méthode, une visite de chaque habitation a été organisée par le Maître d’Ouvrage avec la maîtrise d’œuvre et les propriétaires concernés. Trois cas se présentent :

  • s’il n’y a pas d’eau en crue centennale, aucun aménagement n’est proposé. Ceci concerne 18 habitations ;
  • si la hauteur d’eau en crue centennale ne dépasse pas 50 cm, la mise en place de batardeaux est proposée. Ceux-ci sont constitués d’un rideau de planches en aluminium posée dans des glissières pour détourner les eaux durant la crue. C’est le cas de 5 habitations ;
  • si la hauteur d’eau en crue centennale dépasse 50 cm, une protection rapprochée est proposée, type merlon. 6 habitations sont dans ce cas.

Le propriétaire est libre d’accepter ou de refuser l’offre de protection. Lors d’une crue débordante dans les CIC, ces habitations devront être évacuées même si elles sont protégées. D’autre part, il faut noter que les aménagements proposés dans les deux derniers cas permettent un gain de protection pour les propriétaires : actuellement, certaines de ces maisons sont inondables par une crue de fréquence vingtennale environ.

 

DESCRIPTION

En rive droite, sur les communes de Meylan et Montbonnot-Saint-Martin, de petits ouvrages en remblai ont été érigés autour de plusieurs habitations afin de les protéger à hauteur de la crue centennale (1). L’emprise au sol de ces merlons est au maximum de 5 mètres. Constitués de matériaux charpentés avec un squelette permettant de contenir l’eau à l’extérieur, ils ont été recouverts de terre puis végétalisés. Au niveau des accès, des protections amovibles ont été installées. Compte tenu de contraintes le long du chemin des cantines (Meylan), une maison a dû être protégée avec un rideau de palplanches et la route rehaussée en cet endroit. Ailleurs, des plates-formes refuges ont été aménagées afin que, avant leur éventuelle évacuation en cas de crue bicentennale, les agriculteurs concernés puissent y stocker leur matériel hors d’eau. En rive gauche, des aménagements similaires ont été réalisés dans la plaine de Gières-Murianette.

(1) Débit de l’Isère pour une crue centennale : 1 630 m³/s. Pour une crue bicentennale : 1 890 m³/s.

Principe de protection rapprochée d’une habitation isolée Crédits image : Joël Valentin
Principe de protection rapprochée d’une habitation isolée / Crédits image : Joël Valentin

 

BUDGET

Environ 300 000 € HT : montant des trois principales protections de la rive droite et des plateformes refuges (après réalisation et en tenant compte des modifications en cours de marché).

Financeurs de ce lot : Etat, Département de l’Isère, Grenoble Alpes Métropole, Communauté de Communes du Grésivaudan

 

CHIFFRES CLES

 

Crédits image : Symbhi – Joël Valentin

 

Les ouvrages de vidange

LOCALISATION

Localisation de quelques ouvrages de vidange / Crédits image : Symbhi – Joël Valentin

 

DESCRIPTION TECHNIQUE

En certains points bas des champs d'inondation contrôlée, des ouvrages de vidange sont nécessaires.

En phase de décrue et lorsque le niveau de l’Isère sera suffisamment bas, l’eau stockée de façon temporaire dans les CIC (champs d'inondation contrôlé) retournera progressivement dans le lit mineur de la rivière via les chantournes existantes ou des fossés de drainage. Pour que le système de protection soit sûr et efficace, le passage de l’eau sous la digue se fera via des ouvrages hydrauliques de type buses (canalisation de taille moyenne en béton armé ou acier).

Certains ouvrages de vidange déjà en place ne sont pas forcément bien dimensionnés ou calés par rapport aux exigences du futur système de protection. La création des CIC implique donc des travaux spécifiques. Certaines buses existantes doivent être condamnées, celles qui sont défectueuses remplacées, prolongées ou rééquipées de vannes manuelles, voire de clapets anti-retour permettant de prévenir les remontées d’eau en crue. Seul le bon fonctionnement de tous les ouvrages de vidange permettra de réduire la durée de submersion des zones inondables.

 

LES OUVRAGES DE VIDANGE EN VIDEO

 

 

 

BUDGET

636 780 € HT : montant du marché exécuté (après réalisation et en tenant compte des modifications en cours de marché).

Financeurs de ce lot : Etat, Département de l’Isère, Grenoble Alpes Métropole, Communauté de Communes du Grésivaudan

 

CHIFFRES CLES

 

Défrichement et reboisement

CONTEXTE ET ENJEUX

Afin de dégager les zones d’emprise de travaux, les chantiers de défrichement préalables sont indispensables. A titre de mesures compensatoires, d’autres secteurs seront reboisés.

Pourquoi défricher ?

Les digues de l'Isère sont majoritairement boisées, ce qui les rend agréables et donc fréquentées. Mais, pour accéder aux bancs, aux bras morts ou à certaines gravières, ou encore dégager les parties de digues devant être confortées en pied ou côté plaine, il est souvent nécessaire de débroussailler et de déboiser.

Exemple d’un banc défriché à La Tronche / Crédits image : Symbhi

Un reboisement programmé

Dans le cadre de sa politique de développement durable, le Département s'est engagé à maintenir et restaurer les « corridors biologiques ». Sont ainsi nommés les espaces naturels indispensables au déplacement de la faune. Dès les phases de concertation, les possibilités d'échange par des replantations de nature forestière dans des secteurs dégradés ont été étudiées. Sur le secteur de la tranche 1, les deux sites les plus importants devant être reboisés sont les terrains anciennement occupés par les pépinières Paquet (Meylan). Ces terrains ont été reboisés en 2016.

La base vie de Meylan après les opérations de reboisement Crédits image : Photec
La base vie de Meylan après les opérations de reboisement  / Crédits image : Photec

 

Ce qu'il faut retenir

Pour la tranche 1, la surface reboisée est de 9,5 hectares, un chiffre supérieur aux 8,8 hectares de berges défrichées entre Saint-Ismier et Grenoble.

Détail des surfaces reboisées :

  • Etang de Bois-Claret (Bernin) : 10 200 m².
  • Etang des Iles (Montbonnot-Saint-Martin) : 2 500 m².
  • Paquet Amont (Meylan) : 37 710 m².
  • Etang de La Taillat (Meylan) : 1 980 m².
  • Paquet Aval (Meylan) : 15 897 m².
  • Plaine de Gières-Murianette : 7 568 m².

 

BUDGET

410 930 € HT : montant des marchés de travaux (après réalisation et en tenant compte des modifications en cours de marché).

Financeurs de ce lot : Etat, Département de l’Isère, Grenoble Alpes Métropole, Communauté de Communes du Grésivaudan

 

CHIFFRES CLES

 

 

Restauration de la forêt alluviale

LOCALISATION

La forêt du Bois Français, à Saint Ismier Crédits image : Joël Valentin – Symbhi
La forêt du Bois Français, à Saint Ismier / Crédits image : Joël Valentin – Symbhi

 

DESCRIPTION

A gauche de la route d'accès à la base de loisirs, une nouvelle digue a été créée en arrière de la forêt alluviale. Cette zone naturelle sera donc inondable dès la crue biennale, via un système de buses installé ultérieurement, mais la nouvelle digue protégera la plaine à hauteur de la crue trentennale.

En décembre, la première intervention a consisté à déboiser toute la zone d'emprise de la future digue. Le démarrage des terrassements a eu lieu au printemps.

La digue mesure 800m de long pour 2 m de haut.

Simultanément à l'installation du système hydraulique permettant d'alimenter la forêt alluviale avec les eaux de l'Isère, 3 mares aux batraciens ont été créées dans ce milieu régénéré. A terme, il est aussi prévu que soit créé un Espace Naturel Sensible (ENS) reliant cette forêt alluviale à l'Etang des Grandes lles voisin.

 

Vue aérienne de la digue entourant la forêt du Bois Français à gauche et vue aérienne de la forêt du Bois Français après travaux en 2014
/ Crédits image : Photec

 

LA DEMARCHE ENVIRONNEMENTALE DU SYMBHI EN VIDEO

 

 

 

CHIFFRES CLES

 

Aménagements d’étangs : les exemples de la Taillat et de Bois Claret

LOCALISATION

Localisation des étangs réaménagés / Crédits image : Joël Valentin – Symbhi

 

DESCRIPTION

Dans le cadre des potentialités environnementales que présentent les plans d’eau de la vallée du Grésivaudan, et afin de mieux gérer les matériaux issus des curages de la rivière, le Symbhi a mis en œuvre des mesures de revalorisation d’anciennes gravières et d’étangs. Zoom sur le plan d’eau de la Taillat à Meylan, et l’étang de Bois Claret à Bernin.

 

La Taillat à Meylan

Situé à Meylan, dans la dernière grande boucle de l’Isère avant l’agglomération, ce plan d’eau et ses abords sont classés Espace Naturel Sensible (ENS) communal. Sa surface est d’environ 15 ha et sa profondeur moyenne de 15 m. Le projet d’aménagement reprend deux objectifs du plan de gestion établi pour assurer la protection du site : réhabiliter les milieux aquatiques et semi aquatiques, et accroître la capacité d’accueil d’oiseaux d’eau (halte migratoire, zone de reproduction et de nidification).

Les principaux aménagements sont :

  • l’arasement de l’îlot situé au sud-est du plan d’eau,
  • l’abaissement de la plage ouest,
  • la création de haut fonds dans l’anse située au nord-ouest,
  • la plantation d’espèces végétales adaptées.

La reprise de l’île et de la plage ouest est faite par terrassements en déblais tous réutilisés sur place. La qualité des eaux et des sédiments de La Taillat étant meilleure que celle de l’Isère, toute introduction de sablons provenant des curages dégraderait les milieux.

En septembre 2013, les terrassiers sont de nouveau intervenus sur la plage ouest pour finaliser les travaux préparatoires.

Côté aval de la plage, l'objectif était double : refermer le secteur renaturé afin de le protéger et aménager une berge meuble et abrupte permettant la création de terriers par les martins-pêcheurs et les guêpiers d'Europe.

En octobre 2013, l'équipe de Geco Ingénierie a procédé aux plantations sur les hauts fonds de gravier cru formant des ilots sur cette plage et au sud-est de l'étang. Au final, près de 50 000 plants d'espèces hélophytes comme les joncs, les laîches et les salicaires ont été repiqués. Autour des 3 îlots de la plage ouest et entre les 2 situés au sud-est de l'étang, des roselières ont été créées grâce à l'introduction de scirpes et de roseaux dans les zones plus basses qui restent toujours en eau. Destinées à former des habitats spécifiques pour la faune et des frayères pour les poissons, elles ne présenteront un aspect définitif qu'après 2 ans de végétation.

Enfin, côté ouest, d'autres interventions ont permis de compléter la plantation de saules, de terminer la constitution de la haie épineuse aménagée en sommet de berge (aubépine, argousier et prunelier) et de finaliser l'enherbement des hauts de talus.

 

Vue aérienne de la partie nord du plan d’eau de la Taillat après travaux  Crédits image : Photec
Vue aérienne de la partie nord du plan d’eau de la Taillat après travaux / Crédits image : Photec

 

Vigilance

Les sites renaturés sont fragiles. Toute intrusion humaine est donc proscrite, surtout au niveau des roselières où les jeunes pousses sont loin d'avoir atteint leur stade de maturité. Merci aux personnes fréquentant les abords du plan d'eau de ne pas franchir la haie épineuse dont le stade arbustif ne sera atteint que d'ici 3 à 5 ans.

Ces travaux ont été réalisés par le groupement GECO Ingénierie / Guintoli / Carron / Bianco.

 

L'aménagement de l'étang de la Taillat en vidéo.

 

 

 

L’étang de Bois Claret à Bernin

Diversification des habitats et protection d’espèces protégées sont au programme des chantiers réalisés sur ce site.

Auparavant nommée « gravière Debernardi », l’étang de Bois-Claret est situé à Bernin, entre l’A41 et l’Isère. Durant l’été 2014, ses berges ont fait l’objet d’un programme de renaturation similaire à celui achevé à l’étang Pacific (Bois Français). Son objectif : diversifier les habitats aquatiques et améliorer leur connectivité avec les habitats terrestres. Après les terrassements effectués pour modifier le profil des berges, des plants prélevés sur site sont repiqués et des graines locales mises en pépinière. Depuis 2016, la plage nord-ouest bénéficie d’une mosaïque d’habitats dont une aulnaie marécageuse, une saulaie pionnière, des mares phréatiques et une roselière.

Le site de Bois-Claret est également utilisé dans le cadre du plan de gestion de la petite massette, cette plante protégée dont l’habitat est lié aux paysages fluviaux alpins. On la rencontre sur les berges humides et recouvertes de dépôts limoneux. Ses graines sont disséminées sur place mais, à la faveur de petites crues, elles forment de nouvelles colonies sur d’autres rives plus loin en aval. En créant de nouveaux espaces de liberté pour la rivière - les bancs et les bras secondaires - le projet Isère amont contribuera à terme à favoriser cette colonisation naturelle du « Typha minima ». Mais les chantiers programmés sur les digues impliquent de détruire des sites où la petite massette est déjà présente. Aussi, dans le cadre d’une dérogation obtenue pour “le déplacement ou la destruction d’espèces protégées”, des plants ont été prélevés et mis en culture avant d’être réintroduits sur les sites en question. Les deux bassins de réception ont été implantés sur les berges de l’étang de Bois-Claret, tout comme la pépinière de Meylan.

L'aménagement est réalisé par le groupement Arbre Haie Forêt / Compagnie des Forestiers / Socco.

 

Vue aérienne de l’étang de Bois Claret à Bernin après travaux  Crédits image : Symbhi
Vue aérienne de l’étang de Bois Claret à Bernin après travaux / Crédits image : Symbhi

 

CHIFFRES CLES

 

La gestion de la Petite Massette

DESCRIPTION

Le Symbhi a mis en place des mesures novatrices pour préserver les espèces protégées.

Des plants de petite massette prélevés dans un bras mort et près d'une plage de dépôt ont été mis en pépinière à Meylan pendant toute la durée de la tranche 1. Les graines d'inule de Suisse et de séneçon des marais récoltées à Sainte-Marie-d'Alloix sont conservées à Gap. Le tout a été réimplanté sur certains sites d'Isère amont dès 2013.

Inflorescence de la Petite Massette
Crédits image : SO Dupentrenoux

Des prélèvements de graine

Fin août 2012, à la demande du Symbhi, le botaniste Frédéric Gourgues - chargé des études et expertises "Flore" à l'association Gentiana, Société botanique Dauphinoise - s'est rendu dans le secteur nommé les Délaissés de Sainte-Marie d'Alloix (1). L'objectif de sa visite était de récolter près de 5 000 graines d'inule de Suisse et un millier de graines de séneçon des marais, avant le début de l'aménagement de cette confluence programmée pour le premier semestre 2013. Entre temps, les semences de ces 2 espèces végétales protégées ont été conservées par le CBNA : le Conservatoire botanique national alpin, un organisme public agréé par le Ministère en charge de l'environnement.

(1)   Les collectes et les réimplantations sont des mesures règlementaires effectuées sous couvert d'un arrêté préfectoral. Comme assistant à maîtrise d'ouvrage, le CBNA intervient en qualité d'expert pour valider les étapes techniques (protocole de collecte, pépinière, protocole de réimplantation). Il est désigné pour cette mission dans le dossier « demande de dérogation pour le déplacement ou la destruction d'espèces protégées » d'avril 2009 et l'arrêté préfectoral signé le 3 août 2009 .

Concrètement, les graines ont été transférées à Gap pour être placées dans une salle de pré-séchage puis conservées en « dessication ». Dès que les travaux de reconnexion piscicole du ruisseau d'Alloix ont été terminés, elles ont été réimplantées sur le site. Les inflorescences jaunes du séneçon des marais, une espèce indigène des abords buissonneux de cet affluent de l'Isère, ont été remarquées par leur taille pouvant atteindre 1,5 m. Les corymbes de capitules jaunes de l'inule de Suisse refleurissent elles entre août et octobre.

La Petite Massette mise en pépinière

Fin octobre 2012, deux bassins de réception des plants de petite massette ont été aménagés derrière la station-service située à Meylan, en bordure de la Rocade sud. Bâchés afin de contrôler le niveau d'eau, l'un accueillait des plantations en containers, l'autre des plantations en pleine terre. Le site clôturé était surveillé à un rythme hebdomadaire par Arbre Haie Forêt et la Compagnie des Forestiers.

La pépinière de Petite Massette à Meylan Crédits image : SO Dupontrenoux
La pépinière de Petite Massette à Meylan / Crédits image : SO Dupontrenoux

1 600 plants ont été prélevés manuellement - avec rhizomes, racines et substrat - dans le bras mort de Meylan début novembre (avant les travaux de terrassement) et 5 600 autres le 21 janvier 2013 près de la plage de dépôt de Villard-Bonnot. En pépinière, plusieurs tests ont  été effectués avec des pourcentages variables d'engrais verts ou de corne broyée. Afin de favoriser la croissance de cette plante caractéristique des berges limoneuses des vallées alpines, l'alimentation en eau des bassins se faisait de façon naturelle durant les saisons humides. Si la pluie était trop abondante, le protocole prévoyait d'enlever l'eau excédentaire. Durant l‘été - et seulement si besoin - les bassins ont été alimentés avec de l'eau pompée dans l'Isère.

2013 a été une année de tests permettant de caler les protocoles de réimplantation. Dès l'automne, des réimplantations ont été effectuées dans le bras de Meylan et sur le site de Pré Pichat à Crolles. La petite massette étant une plante pionnière, la multiplication des 7 200 plants actuellement hébergés dans les bassins a dépassé 50 % dès la première année, ce qui a permis de disposer d'un stock suffisant de matériel végétal pour démarrer les réimplantations.

Les replantations

Suite aux crues printanières et estivales, les terrassements effectués durant l’hiver 2013 dans le bras de Meylan ont été remaniés par la rivière, ce qui prouve que ce chenal reconnecté à l’Isère est à nouveau dynamique sur un plan fluvial. Compte tenu de la nouvelle présence de 5 plages favorables à la réimplantation de la petite massette, les matériaux déposés lors des crues n’ont pas été remaniés. Seul le petit barrage aménagé en amont du bras a fait l’objet d’une légère intervention en octobre : l’objectif était de baisser sa cote d’environ 30 cm afin que l’alimentation du bras par l’Isère soit plus fréquente par l’amont.

Fin octobre, les plants de petite massette qui s’étaient développés en pépinière ont été réimplantés sur les plages du bras avant les crues d’automne. Comme ce fut le cas pour le suivi de la croissance des plants en bassins de culture, le programme était supervisé par le Comité Scientifique des Espèces Protégées. L’opération s’est déroulée selon une planification précise. Certains secteurs ont fait l’objet de plantations manuelles, d’autres mécaniques, les plants conditionnés en godets ou en conteneurs étant repiqués avec ou sans toile coco.  L’objectif final de ces essais est de valider un protocole définitif qui sera en suite appliqué sur d’autres sites du projet Isère amont.

 

Opérations de replantations de Petite Massette sur les bancs de l’Isère Crédits image : Symbhi
Opérations de replantations de Petite Massette sur les bancs de l’Isère / Crédits image : Symbhi

 

LA GESTION DE LA PETITE MASSETTE EN VIDEO

 

 

 

 

 

PLANNING

 

 

BUDGET

112 500 € HT : montant des mesures autour de la Petite Massette (après réalisation et en tenant compte des modifications en cours de marché, dont le titulaire est le groupement Arbre Haie Forêt / Compagnie des Forestiers).

Financeurs de ce lot : Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse, Département de l’Isère, Grenoble Alpes Métropole, Communauté de Communes du Grésivaudan

 

CHIFFRES CLES

 

Remises en gestion

CONTEXTE ET ENJEUX

Qui entretiendra les travaux réalisés par le Symbhi ?

En tant que maître d’ouvrage, le Symbhi réalise des travaux sur les digues existantes mais aussi des ouvrages neufs destinés à contrôler l’inondation. Ayant pour vocation d’aménager et non de gérer ces ouvrages neufs, le Symbhi doit à terme les remettre en gestion à l’AD Isère Drac Romanche.

Créé en 1936, cet établissement public regroupe les délégués du Conseil Départemental, des 68 communes et des 14 Associations syndicales de propriétaires comprises dans le périmètre protégé. Sa vocation est de surveiller et d’entretenir 221 km de digues dont 96 sur Isère amont. Le Symbhi et l’AD ont signé une convention permettant de déléguer la gestion des ouvrages au fur et à mesure de leur achèvement. Tous les ouvrages réalisés sont donc désormais identifiés puis remis en gestion de façon transitoire.

A la fin des travaux de la tranche 1, un arrêté préfectoral unique officialisera la remise en gestion à l’AD Isère Drac Romanche de l’ensemble des ouvrages neufs.

De la même manière, les aménagements environnementaux situés dans le périmètre d'un Espace Naturel Sensible seront entretenus par le gestionnaire des Espaces naturels sensibles (ENS) concerné. Le Symbhi et le Département de l'Isère ont adopté une convention en ce sens en décembre 2014.

Enfin, les discussions se poursuivent pour les autres aménagements.

 

L’Isère en travaux en 2014 en aval du pont de Domène : un patrimoine à entretenir Crédits image : Photec
L’Isère en travaux en 2014 en aval du pont de Domène : un patrimoine à entretenir / Crédits image : Photec

 

CHIFFRES CLES