Les reculs de digue

Dans des secteurs sans habitations, des zones de « recul de digues » permettent de redonner de l’espace à la rivière en crue et de revaloriser les milieux naturels. À la demande des agriculteurs, le Symbhi a amendé son projet pour que l’inondation des terres agricoles incluses dans ces zones soit retardée.

 

DESCRIPTION

 

L’Isère est une rivière fortement endiguée. Sur certains tronçons, il n’y a pas d’habitation ni d’ouvrage à protéger, la digue n’est alors pas nécessaire. Par ailleurs, la rivière a besoin d’espace pour divaguer en cas de crue. L’effacement de la digue permet de lui redonner cette respiration et de recréer des zones plus humides, autrefois présentes et disparues aujourd’hui. Cette mesure de recul de digue fait partie du projet initial proposé par le Symbhi : en plusieurs endroits, sur plusieurs dizaines de mètres, la digue est démantelée, effacée pour permettre à la rivière d’être de nouveau connectée à la forêt alluviale, tous les deux ou trois ans en moyenne, et pour recréer des milieux humides. Cet aménagement est prévu sur plusieurs secteurs qui représentent 300 hectares, dont 250 hectares de forêts et 50 hectares de terres agricoles.

 

Plan d’un talus de protection des terres agricoles / Crédits image : Egis

 

Après un projet initial rejeté; un nouveau projet adapté aux demandes des agriculteurs est adopté.Les parcelles agricoles pour leur part resteront à leurs propriétaires actuels, et ne feront pas l’objet de contraintes sur les cultures qui y seront pratiquées. Pour que cela soit possible, des petits modelés de terrain seront aménagés pour retarder l’inondation. Ces terrains seront toujours susceptibles d’être inondés, mais, statistiquement, à la fréquence d’une fois tous les dix ans. Enfin, en cas de dommage sur les cultures, le processus d’indemnisation prévu par le Symbhi sera mis en œuvre.

 

Exemple de tracé de talus (en rouge) pour protéger les terres agricoles situées en zone de recul de digue (en vert)
Crédits image : Photec – Symbhi

 

 

La gestion des matériaux à l’échelle du projet

DESCRIPTION

Comme pour la tranche 1, le Symbhi a mis en place des modes vertueux de gestion des matériaux issus des travaux d’entretien.

 

Les déblais végétaux

Les travaux de déboisement comprennent plusieurs phases. Avant l’abattage des arbres, le chantier débute toujours par un débroussaillage puis l'élagage des branches. Les produits obtenus sont laissés à la disposition de l’entreprise qui détient le marché forestier. Broyés et mélangés à de la terre forestière, ils sont ensuite commercialisés sous forme de compost. Les troncs, souches et arbres morts sont eux évacués jusqu’à la plate-forme de stockage de Caloribois à Tencin. Comme le prévoit la convention signée par le Symbhi et la Compagnie de Chauffage de l’Agglomération Grenobloise, au terme d’une période de séchage ce bois sera transformé en plaquettes industrielles pour le chauffage urbain.

 

Des graves en stock

Selon leur nature et les endroits où ils sont prélevés, les matériaux retirés sur les zones d’emprises de chantiers connaissent des destins différents. Les graves propres et les graviers secondaires récupérés sur les bancs sont déposés sur différents sites de stockage (voir page spécifique). Ils sont ensuite utilisés lors du confortement des digues.

 

Extraction de graves de l’Isère à Pontcharra / Crédits image : SO Dupontrenoux

 

Il y a limons et limons...

Les limons (ou sablons), compte tenu de la présence ou pas d’espèces végétales invasives (essentiellement la renouée du japon et le buddleia) avant les travaux, sont eux déposés dans différents plans d’eau de la vallée, qui seront renaturés à la fin du projet. C’est le cas essentiellement de la gravière de Manon aval à la Pierre, ou bientôt de la partie amont du plan d’eau de la Terrasse, ou des Lônes à Pontcharra.

 

LA GESTION DES MATERIAUX ET DES ESPECES INVASIVES EN VIDEO

 

 

 

 

 

Les sites de stockage de matériaux

Pour pouvoir réaliser ses travaux, le Symbhi doit disposer de sites de stockage temporaires des matériaux issus des curages de l’Isère, mais aussi d’une base logistique pour les entreprises.

LOCALISATION

 

Carte site de stockage tranche 2 et 3 / Crédits image : Symbhi – Joël Valentin

 

DESCRIPTION TECHNIQUE

 

Le Symbhi a loué auprès de la Communauté de Communes du Grésivaudan (un de ses membres adhérents), des terrains situés au cœur de la zone industrielle de Pré Brun à Pontcharra, aujourd’hui non constructibles, et qui seront protégés demain par les travaux du projet Isère amont.

Deux activités essentielles se concentrent sur ce site :

  • 2,9 ha pour le stockage temporaire des matériaux de l’Isère ;

 

La majeure partie du site a été consacrée au stockage des graves issues des arasements de bancs de l'Isère, à leur ressuyage, puis à leur lavage, leur concassage et leur criblage, avant leur reprise pour les confortements des digues sur toute la vallée. Le site voit donc d'importantes rotations d'engins de chantier.

 

  • 1,5 ha environ pour la base vie du chantier.

En effet, ce site, par sa localisation et ses possibilités de desserte, se prête à l'accueil de la base vie du chantier.

Après avoir nettoyé le site, la terre végétale a été décapée et stockée, puis les installations de chantier ont été mises en place pour donner un lieu de vie pendant la journée de travail des ouvriers.

 

Les autres sites de stockage sont répartis sur le périmètre des tranches 2 et 3 pour minimiser les coûts de transport :

  • Champ Près Froges, au lieu-dit Grand Pré, sur une surface de 2,9 ha, sur une parcelle acquise par le Symbhi ;
  • La Buissière, près du pont en cours de réhabilitation, sur une surface de 0,9 ha, sur une parcelle mise à disposition par EDF ;
  • Goncelin, en aval du pont, sur une surface de 0,9 ha, sur une parcelle mise à disposition par la commune.

 

Tous ces sites sont soumis à la réglementation des installations classées au titre de la protection de l’environnement (ICPE), soit dans le cadre d’une simple déclaration, soit dans le cadre d’un enregistrement avec arrêté préfectoral.

A la fin des travaux, tous les sites seront remis en état.

 

Vue aérienne du site de la base vie de Pontcharra / Crédits image : Photec

LA GESTION DES MATERIAUX ET DES ESPECES INVASIVES EN VIDEO

 

 

 

 

 

CHIFFRES CLÉS

 

La télésurveillance

LOCALISATION

Ensemble du secteur d'intervention du projet Isère amont.

 

CONTEXTE ET ENJEUX

Dans le cadre des travaux du projet Isère amont, le Symbhi aménage de nombreux ouvrages hydrauliques : déversoirs, clapets etc… Ces ouvrages soit ne nécessitent pas l’intervention de l’homme pour fonctionner, soit sont automatisés. Par ailleurs, des exploitations agricoles sont situées dans les champs d’inondation contrôlée. Il est donc intéressant de doter les ouvrages d’un système de télésurveillance, qui permettra d’alerter que les ouvrages sont en fonctionnement, donc qu’une inondation est en cours, et de permettre aux populations d’évacuer les zones de stockage de crue. Tel est l’objectif du dispositif de télésurveillance, imaginé par le Symbhi, en concertation avec l’AD Isère Drac Romanche, futur gestionnaire des ouvrages, et l’Etat, compétent en matière de sécurité civile.

 

Principe du dispositif de télésurveillance :

Chaque déversoir d’alimentation fixe et chaque ouvrage mobile sera équipé des dispositifs suivants :

  • Un réseau propre de suivi des niveaux d’eau (capteur et échelle), de la pluviométrie, de la saturation des sols en chaque déversoir d’alimentation fixe ;
  • Un équipement spécifique des vannes mobiles avec capteur de niveau d’eau, capteurs de position, automate.

Un poste de commande permettra de suivre le fonctionnement automatisé de ces ouvrages et d’intervenir en cas de problème.

 

Le dispositif d’alerte :

  • Objectif : Suivre les crues de l’Isère ainsi que le fonctionnement des CIC. Déclencher des seuils d’alerte et de diffusion auprès des communes et des habitants des CIC.
  • Principe : Un système d’appel en grand nombre permet de laisser un délai minimum de 12 heures à la population pour se sécuriser.

 

PLANNING

  • Avril 2017 : attribution du marché de travaux relatif à la télésurveillance (études en cours).
  • Automne 2017 : démarrage des travaux

 

BUDGET

695 000 € HT : montant du marché exécuté (après réalisation et en tenant compte des modifications en cours de marché).
Financeurs de ce lot : Etat, Département de l’Isère, Grenoble Alpes Métropole, Communauté de Communes du Grésivaudan

 

 

Clapet d'alimentation
Exemple d’ouvrage hydraulique qui sera équipé de dispositifs de télésurveillance / Crédits image : SO Dupontrenoux