Le traitement de la Renouée du Japon

Introduite en Europe à la fin du XIXe siècle comme plante d’ornement, la Renouée du Japon s’est échappée des parcs et jardins et elle est aujourd’hui considérée comme une plante invasive. Sans concurrence, sans prédateur naturel, elle apprécie tout particulièrement les bords de rivières, sur lesquels elle s’installe, au détriment d’espèces natives. Prenant petit à petit toute la place, elle va bloquer l’installation des espèces locales comme les saulets pour les rivières alpines.

 

 Symbhi
Exemple de massif de Renouée du Japon
Crédits image : Symbhi

 

Dans le cadre d’un chantier, tout déplacement de terre comporte un risque de disséminer plus encore la Renouée du Japon. En effet, son système de reproduction redoutablement efficace lui permet de se développer à partir d’un tout petit morceau de racine, le rhizome. Toute terre susceptible de contenir des rhizomes de Renouée du Japon doit être alors traitée, afin d’éviter la contamination. Il existe la possibilité de la déposer en déchetterie, mais cette solution est très onéreuse, compte tenu des volumes de terre à traiter sur un projet tel que Romanche Séchilienne. De plus, la terre mélangée aux rhizomes est considérée comme un déchet sans pouvoir le réutiliser, alors qu’il y a un potentiel.

 

LOCALISATION

Carte atelier traitement Renouée du Japon
Localisation de l’atelier de traitement de la Renouée du Japon, situé sur la base vie du chantier
Crédits image : Joël Valentin/Symbhi
 

 

DESCRIPTION

Le Symbhi a donc dû mettre au point un système de traitement qui soit soutenable économiquement, efficace immédiatement, et qui ouvre la possibilité de réutiliser la terre. Des travaux en recherche et développement menés depuis 2013 à la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) ont permis de répondre à ces trois objectifs. Dans un premier temps, la terre est séparée des rhizomes et des graviers, grâce à une machine de tri de matériaux (crible). Ensuite, le mélange graviers plus rhizomes est concassé très finement, réduit en morceaux d’à peine un centimètre, ce qui détruit la capacité de reprise des rhizomes. La terre nettoyée, aussi bien que le mélange concassé sont réutilisables. Il n’y a donc aucun déchet dans cette filière de traitement ! Sur le chantier de la Romanche, 18 000 m3 de matériaux contenant de la renouée du Japon ont ainsi été traités, puis réutilisés, soit directement sur le chantier, soit dans le cadre d’autres projets portés par des maîtres d’ouvrage publics.

 

Concasseur utilisé dans le procédé de traitement de la Renouée du Japon Crédits image : SO Dupontrenoux
Crible utilisé dans le procédé de traitement de la Renouée du Japon
Crédits image : SO Dupontrenoux

 

PLANNING

Janvier 2015 – Septembre 2016 : Atelier de traitement de la Renouée du Japon sur la base vie du projet

 

BUDGET

270 000 € HT : montant des travaux réalisés

Financeurs de ce lot : Agence de l’Eau, Etat, Département de l’Isère, Grenoble Alpes Métropole, Syndicat d’Assainissement du Canton de l’Oisans, Région Auvergne Rhône-Alpes

 

LES CHANTIERS EN VIDEO

 

 

 

CHIFFRES CLES

 

Des travaux dans le périmètre de champs captants d’eau potable

 

LOCALISATION

Sur les digues de Vizille, du Péage de Vizille et de Jouchy, situées dans le périmètre de protection des champs captants d’eau potable de Jouchy et de Pré-Grivel.

Carte champs captant eau potable Jouchy et Pré-Grivel
Champs captants d'eau potable de Jouchy et de Pré-Grivel
Crédits image : J. Valentin/Symbhi

 

CONTEXTE ET ENJEUX

À Jouchy et à Pré-Grivel, la Romanche longe des terrains où la Métropole de Grenoble exploite des champs captants d’eau potable. L’eau puisée ici est d’une qualité telle qu’elle est distribuée sans subir aucun traitement ni désinfection.

Pour protéger ces champs captants contre la crue centennale de la Romanche, le Symbhi a dû réaliser des travaux de confortement sur les digues et des travaux d’arasement des bancs dans le lit, au sein même des périmètres de protection des champs captants. Pour atteindre cet objectif, tout en préservant la qualité de la ressource en eau, le Symbhi a dû mettre au point des techniques de travaux innovantes, jamais employées auparavant.

 

DESCRIPTION

Lors des premiers travaux réalisés aux abords du champ captant de Jouchy au printemps 2013, de légers épisodes de pollution bactériologique ont été constatés.

Si aucun rapport de cause à effet n’a pu être établi, l’hypothèse probable est que les sédiments posés sur le lit de la rivière jouent un rôle de filtre : en passant de la rivière à la nappe phréatique, l’eau est filtrée par les couches de sédiments posées au fond du lit.

Les travaux du Symbhi - le confortement des digues avec des sabots d’enrochements, couplé à l’arasement des bancs – auraient pu supprimé une partie de ce filtre, et diminué les temps de filtration.

Pour résoudre ce problème, le Symbhi a réuni un groupe de travail composé d’hydrogéologues. La solution retenue et mise en œuvre pour les travaux de confortement des digues aux abords des champs captants de Jouchy et de Pré-Grivel, a consisté à remplir les interstices (percolation) dans les sabots d’enrochements avec des matériaux fins (sable, graviers) et filtrants, afin de reproduire le travail de filtration naturelle réalisé par les sédiments.

Les analyses quotidiennes pratiquées pendant et à l’issue des travaux ont montré que l’eau des champs captants de Jouchy et Pré-Grivel a très rapidement retrouvé sa qualité habituelle.

 

La technique de percolation des enrochements lors des travaux de confortement de la digue de Jouchy
Crédits image : SO Dupontrenoux

 

PLANNING

Octobre 2013 – Avril 2014 : Confortement de la digue le long des champs captants de Jouchy

Octobre 2014 – Mars 2015 : Confortement de la digue de Vizille le long des champs captants de Pré-Grivel

 

BUDGET

3 000 000 € HT : montant des marchés exécutés

Financeurs de ce lot : Agence de l’Eau, Etat, Département de l’Isère, Grenoble Alpes Métropole, Syndicat d’Assainissement du Canton de l’Oisans, Région Auvergne Rhône-Alpes

 

LES CHANTIERS EN VIDEO

 

 

CHIFFRE CLÉ :