Actualités et travaux en cours

Mieux protéger le secteur de l’hôpital de La Tronche

Mis en route cet automne, le tout dernier chantier du Symbhi pour Isère amont vise à augmenter la protection du secteur de l’hôpital de Grenoble jusqu’au boulevard des Alpes.

Au niveau du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Grenoble, la chantourne de la Tronche vient se jeter dans l’Isère. En cas de crue de l’Isère, il existe un risque que l’Isère « remonte » dans la chantourne et que cette dernière inonde alors les abords de l’hôpital. Une vanne va donc être installée, pour fermer cette liaison entre l’Isère et son affluent lors des crues de l’Isère.

Pour que l’eau de la chantourne ne reste pas bloquée dans le ruisseau et risque à son tour d’inonder les abords de l’hôpital, une station de pompage va être installée, afin que l’eau de la chantourne puisse tout de même être évacuée dans l’Isère.

Le système est conçu de manière à pourvoir à la fois aux crues de la chantourne et à celles de l’Isère, grâce au travail organisé en collaboration entre les deux gestionnaires : le Symbhi et Grenoble Alpes Métropoles (GAM) pour la chantourne.

Les travaux sont aujourd’hui possibles car le dispositif légal a changé. Avec la loi GEMAPI (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations), le nombre d’acteurs impliqués sur ce secteur est passé de 4 à 2. En 2014, lorsque le projet Isère amont a débuté, cette zone relevait de la compétence du département de l’Isère, de la métropole de Grenoble, de la commune et de l’association syndicale en charge de la chantourne… Aujourd’hui, la compétence GEMAPI est exercée par le Symbhi, qui peut donc prendre en charge ces travaux.

Financé grâce aux économies
Grâce à une gestion très serrée des budgets, les travaux réalisés ont permis d’économiser 3 millions d’euros. C’est cette somme qui est utilisée pour financer les travaux de la protection du secteur de l’hôpital.

Chantourne, le ruisseau made in Isère
Chantourne est un mot que l’on trouve dans le domaine de l’artisanat, il désigne une pièce de bois ouvragée. En Isère, il a un autre sens : il désigne un ruisseau ou un fossé qui permet de drainer les terrains, ce qui a permis de rendre les terres cultivables.

Schémas de principe du fonctionnement de la station de pompage de la chantourne de La Tronche en cas de crue de l’Isère

Reconnectées !

Dans sa stratégie de bon état écologique des milieux naturels, le Symbhi a pris le parti de reconnecter 3 gravières à la rivière. Avec le temps, ces trois espaces vont se combler petit à petit, grâce à l’apport de sédiments charriés par la rivière en crue : sable, cailloux, résidus végétaux. À moyen terme, ils devraient devenir des bras secondaires de la rivière, offrant des milieux variés, favorables au développement de la biodiversité.

L’étang Manon à La Pierre : la gravière a eu droit à une double opération de connexion à l’Isère et de « renaturation », afin de façonner un site plus propice au développement de la biodiversité. Des « hauts-fonds » ont été aménagés : des endroits moins profonds, que les poissons et les batraciens apprécient, ainsi que les oiseaux, qui aiment y établir leur nid. Les berges et les hauts fonds ont été plantés de plantes aquatiques. La renaturation est tellement réussie que ces travaux ont dû être interrompus durant 6 mois : des guêpiers, oiseaux migrateurs, avaient construit leur nid sur une des parois abruptes de la gravière…

L’étang des îles du Fay à Lumbin : ce grand étang deviendra une nouvelle zone de divagation de l’eau de l’Isère, propice notamment à la reproduction des poissons.

Ce petit roseau typique des rivières, la petite massette, est une espèce protégée. Elle apprécie tout particulièrement les espaces aquatiques dynamiques. La gravière de Goncelin, elle aussi reconnectée, à l’Isère a été réaménagée dans cet objectif.

D’où viennent ces plans d’eau ?
Aujourd’hui grandes étendues d’eau, ces espaces sont d’anciens sites d’extraction de gravier, d’où l’appellation « gravière ». Les matériaux extraits sur ces sites ont servi à la construction publique, notamment de l’autoroute, et ont laissé place à une étendue d’eau, issue de la nappe phréatique. Les berges très abruptes de ces gravières ne permettaient qu’un très faible développement de la végétation aquatique. Certaines atteignent jusqu’à 17 mètres de profondeur !

L’étang de Manon à La Pierre reconnecté à l’Isère

Schéma de principe d’une reconnexion de plan d’eau à l’Isère

Crolles-Lumbin : inondations torrentielles contrées par le SYMBHI

Des pluies importantes et localisées se sont abattues sur les bassins versants du territoire cette fin d’année 2021 ; s’ajoutant au manteau neigeux parfois déjà épais en altitude, elles ont provoqué plusieurs crues torrentielles sur certaines communes de la vallée du Grésivaudan.

En particulier, le torrent de Montfort, a subi une crue torrentielle exceptionnelle dans la journée du 29 décembre : le volume d’eau écoulé dans le cours d’eau transitant par la cascade de l’Oule a mobilisé de nombreux graviers et cailloux jusqu’à un mètre de diamètre ! Le torrent a débordé, divagué et a creusé un nouveau lit, causant de nombreux dégâts et déposant de 10 à 15000 m3 de matériaux dans et en dehors de son lit. La gare et les rails du funiculaire ont été fortement endommagés, ainsi que des réseaux mais grâce à l’intervention du SYMBHI les dommages sur les habitations ont été limités.

Les précipitations mesurées sur le bassin versant au niveau de la station de Saint Hilaire du Touvet indiquent un cumul de 130 mm sur 48h, auxquels s’est ajoutée 80 mm provenant de la fonte du manteau neigeux. L’association de ces deux phénomènes a conduit à cet évènement d’une occurrence rare.

Le SYMBHI surveille de très près ce torrent depuis l’éboulement de la falaise de l’Oule survenu le 7 avril dernier. En effet, les blocs et cailloux tombés rechargent régulièrement le lit du torrent, et se déposent plus bas, lorsque la pente faiblit. Des interventions régulières dans le lit du torrent et sur les berges, en amont de la gare du funiculaire et au droit du parking ont ainsi été entreprises afin de donner de la place au torrent (curage, traitement de la végétation).

Au matin du 29, compte tenu des fortes pluies annoncées, le SYMBHI a réagi et demandé à ses entreprises de se libérer pour intervenir en urgence dès la mi-journée afin de curer le lit du torrent et de diriger les eaux qui commençaient à déborder vers les zones les moins vulnérables, avec l’aide des pompiers et des communes de Crolles et Lumbin. Toute la nuit sous la direction du SYMBHI, 7 pelles mécaniques et plusieurs camions des entreprises Le Noyer Vert et Blanc TP ont lutté contre les inondations et évité le pire ; à 2h du matin le 30 décembre, le torrent commençait à être maitrisé.

Les travaux continuent aujourd’hui afin de remettre les eaux du torrent dans le lit originel et curer les plages de dépôt afin de limiter le risque qu’un évènement similaire se reproduise dans les prochains mois. Ils devraient se terminer d’ici la fin du mois.

Un Comité de Pilotage a été organisé sur la commune de Lumbin dès le lundi 3 janvier pour échanger sur les suites à donner d’un tel évènement. Le SYMBHI travaillera à la réalisation d’une étude pour déterminer l’aménagement à réaliser à moyen terme afin de mieux gérer le risque lié au torrent.

Pendant l’évènement, la priorité est la protection des biens et des personnes : il s’agit de maitriser l’écoulement en évitant l’obstruction des passages couverts et en redirigeant les eaux

Pendant l’évènement, la priorité est la protection des biens et des personnes : il s’agit de maitriser l’écoulement en évitant l’obstruction des passages couverts et en redirigeant les eaux

Au lendemain de la crue, les engins poursuivent le dégagement des milliers de m3 de matériaux au droit de la gare du funiculaire

Avancement du plan de gestion de la végétation sur les principaux cours d’eau du Grésivaudan

Après une phase de terrain avec 90,5 km de cours d’eau parcourus, le bureau d’étude Aquabio entame la phase de rédaction du plan de gestion de la végétation.

Le bureau d’études en charge du plan de gestion de la végétation, Aquabio, a parcouru ce printemps et cet été 90,5 km sur les 18 cours d’eau inscrits au plan de gestion de la végétation : ruisseaux de l’Aiguille, de l’Alloix, du Bresson, du Carré, du Cernon, du Darguil, et du Manival côté Chartreuse et ruisseaux du Bens, du Bréda, de la Coche, de la Combe de Lancey, de Corbonne, de Gleysin, de Laval, du Salin, du Sonnant, du Versoud et du Veyton côté Belledonne.
Cet outil de planification sur 5 ans devrait permettre au SYMBHI de prioriser ses interventions sur la végétation en bordure de cours d’eau en fonction de son état et des enjeux environnants. Le plan de gestion devrait être finalisé courant 2022. Il fera l’objet d’échanges auprès des communes et autres acteurs concernés.
Les propriétés riveraines étant souvent privées, le SYMBHI doit justifier de l’Intérêt Général et du manque d’entretien des riverains pour pouvoir se substituer au propriétaire riverain. Une Déclaration d’Intérêt Général (DIG) doit donc être élaborée pour permettre les interventions programmées. Elle devrait être réalisée d’ici fin 2022 pour pouvoir lancer le plan de gestion en 2023. Des entreprises forestières seront mandatées par le SYMBHI pour réaliser ces travaux.
En fonction des enjeux en présence et de l’urgence, des interventions plus ponctuelles pourront également être réalisées sur les cours d’eau qui ne sont pas inscrits au plan de gestion de la végétation.

Tronçons de cours d'eau intégrés au plan de gestion de la végétation

Tronçons de cours d’eau intégrés au plan de gestion de la végétation

Avancement des schémas d’aménagement

Ces études structurantes permettront d’avoir des éléments de connaissance harmonisés sur les différents bassins versants et de proposer des solutions concrètes pour traiter des problématiques hydrauliques, hydro-morphologiques et environnementales des cours d’eau torrentiels impactant les enjeux.

Les schémas d’aménagement des bassins versants du Bréda, de la Combe de Lancey, du Salin et du Sonnant d’Uriage ont été lancés fin 2020-début 2021. Cette fin d’année, ce sont les bassins versants du Vorz, des Adrets et du Laval, du Craponoz, et de Crolles qui sont concernés par cette démarche. L’étude sur le Doménon devrait être engagée l’année prochaine en 2022.
Le schéma d’aménagement des bassins-versants des Adrets et du Laval concerne les communes de Laval, des Adrets, de Villard-Bonnot et de Froges. Attribué au bureau d’études SAFEGE, il aboutira à l’élaboration d’aménagements au stade Avant-Projet visant à réduire le risque inondation et à restaurer les milieux aquatiques.
Les bassins-versants du Craponoz, sur les communes de Crolles et de Bernin et de Crolles, concernant la commune éponyme et celle du Plateau des Petites Roches, ont déjà fait l’objet d’études. Dans le cadre de ces schémas d’aménagement, le bureau d’études Hydrétudes consolidera les dossiers Avant-Projet et les dossiers réglementaires et élaborera les dossiers Projet.
Le projet d’aménagement du Vorz au hameau des Gorges sur les communes de Sainte Agnès et de Saint Mury-Monteymond a fait l’objet d’une présentation aux riverains en janvier 2021. Le bureau d’études SAFEGE doit compléter le dossier Avant-Projet déjà réalisé et élaborer les dossiers règlementaires et le Projet.
Le schéma d’aménagement du Doménon, en co-maîtrise d’ouvrage avec Grenoble Alpes Métropole devrait être lancé au second semestre.

 

 

Calendrier des schémas d'aménagement

Calendrier des schémas d’aménagement

 

De Saint-Vincent-de-Mercuze à Champ-près-Froges :
l’eau est de retour dans la forêt alluviale !

Dans le cadre de son projet intégré d’aménagements de l’Isère, le Symbhi remet en eau la forêt alluviale. Pour reconnecter la forêt avec l’Isère, les digues vont être ponctuellement effacées. Cette nouvelle configuration demande aux usagers d’adapter leurs pratiques, notamment en période de crue de l’Isère, dans ce secteur inondable volontairement.

Entre Saint-Vincent-de-Mercuze et Champ-près-Froges, 12 km de digues sont vouées à disparaître afin de laisser à la rivière la possibilité de divaguer dans la forêt, recréant ainsi sur 300 hectares une forêt alluviale, c’est-à-dire une forêt « les pieds dans l’eau ». Une petite partie de ces digues a déjà été effacée par les engins de travaux. Le reste sera naturellement et progressivement érodé par les crues de la rivière.

Les crues de l’Isère ne provoquent pas de vagues géantes, mais la montée des eaux peut être un phénomène puissant, similaire à celui de la marée de l’océan. En période de crue, les digues et la forêt sont donc des secteurs à éviter. Des panneaux ont été installés en entrée des cheminements pour alerter les promeneurs, les pêcheurs ou encore les sportifs sur ce nouveau fonctionnement.

À l’heure actuelle, la forêt alluviale est vieillissante, puisque jusqu’alors coupée de la rivière par la digue. Avec le temps et les inondations successives par les crues de l’Isère, la forêt va se redynamiser et réellement fonctionner comme un écosystème humide, avec tous les avantages que cela offre. En attendant, il faut respecter son développement en restant, autant que possible, sur les sentiers aménagés.

Comme tous les milieux humides, la forêt alluviale rend de précieux services. C’est un réservoir très riche en biodiversité, qui offre un habitat pour une grande variété d’espèces animales et végétales. La forêt alluviale agit aussi sur la qualité de l’eau. En effet, le système racinaire des végétaux combiné à l’action des bactéries, permet de transformer les pollutions chimiques et de « nettoyer » l’eau.

Enfin, la forêt alluviale agit comme un tampon sur les épisodes extrêmes en modérant les pics, pour les crues aussi bien que pour les sécheresses.

Isère Amont

Affluents de l’Isère dans le Grésivaudan

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